Amaranthe et Pensée

L'écriture est cathartique parfois, une exploration d'autres fois. Souvent avec des sujets durs, mais toujours avec avertissement.

Réglisse

triste, mort

Voilà, elle je vous l'ai déjà présentée, c'est Réglisse. Et aujourd'hui elle est mort, elle avait un cancer, depuis une semaine elle n'y voyait plus et ce matin elle n'arrivait plus à respirer, mes parents l'ont emmenée au vétérinaire et il l'a abattue.

Sur les photo on la voit bébé, elle tenait dans ma main presque à l'époque, pleine d'énergie, joueuse, câline.

Ensuite on la voit deux ans plus tard, en 2014 quand j'étais sur Perpignan avec mes parents encore, beaucoup moins joueuse, peureuse mais très affectueuse et câline.

Et enfin la dernière photo date d'il y a deux semaine, elle y voyait à ce moment là et allait relativement bien, même si elle mangeait peu, elle était encore très affectueuse et câline.

Elle est née en élevage, un petit élevage. Ses parents était lofés tous les deux, mais elle ne pouvait pas l'être parce qu'elle avait les yeux vairons et que ça n'est pas admis dans la race des Bouviers Bernois. Donc ils allait la tuer parce qu'elle n'aurait pas rapporté suffisamment d'argent. Ma sœur l'a achetée à moitié prix et l'a sauvée. Voilà ce que c'est les petits élevages btw, ça n'échappe en rien à la course au profit et à l'absence d'empathie.

Mes parents l'aimait je crois, mais pour eux les chiens c'est important mais c'est aussi des meubles. Elle passait une grosse partie de son temps sur son panier, surtout lorsqu'il y avait du monde à la maison. Pas par choix, mais parce que mes parents ne voulaient pas qu'elle dérange. Et ça a été pire lorsqu'ils ont déménagés dans le Gers, là elle passait le plus clair de son temps dans le garage, seule. Affectueuse comme elle l'était je me demande si ça n'est pas une des causes de sa maladie et de sa mort.

Elle avait 7 ans. C'est pas très vieux à mon sens, mais pour une pure race c'est pas étonnant. Les races sont des produits de consanguinité et elles accumulent les tares potentielle jusqu'à arriver à des troubles médicaux communs suivant la race de l'animal, comme des problème de dos chez le Berger Allemand, le cancer chez le Bouvier Bernois, etc.

Chose marrante elle avait sa langue toujours sortie du coté droit, à tel point qu'ont aurait cru qu'elle avait un pli. Elle avait le poil doux et soyeux et le matin elle aimait beaucoup se rouler dans la rosée une fois sortie.

Seulement voilà, maintenant c'est fini. Elle est morte. Elle n'a pas réagit apparemment lorsque le vétérinaire lui à placé le cathéter pour l'euthanasie parce qu'elle n'avait plus assez d'oxygène pour être réellement consciente. On aurait peut-être pu tenter les chimio-thérapie avant tout ça, lorsqu'ils ont été au courant de ce qu'elle avait. Mais j'imagine qu'ils n'avaient pas assez d'argent, et puis comme je le disais plus tôt, elle était considérée un peu comme un meuble, on dépense pas d'argent en opération médicale pour un meuble.

C'est la troisième que les vétérinaire m'enlève. Je les hais de plus en plus. Mes parents aussi. Et honnêtement, je suis triste. Vraiment. Et en colère un peu. Ou plutôt haineuse. Contre les humains et ce qu'ils font des animaux, tant humains que non-humains.

Le 13 Vendémiaire 228.

Là où les loups sont partis

violence, mort

Le soleil se levait lentement, commençant à baigner le temple dans sa lumière, tandis que des soldats lourdement armés l'encerclaient. Ils étaient bien plus nombreux que nécessaire mais l'Inquisition voulait être sûre de ne laisser aucune chance aux dissidents.

À l'intérieur, ces derniers se préparaient tant bien que mal au combat qui les attendait. Peu avaient déjà combattu dans leur vie, mais toutes et tous étaient prêt·e à sauter le pas aux coté de leur guide, Resla, l'une des seules louves de la meute à avoir un passé de combattante. Elle regardait autour d'elle tandis que le bélier se mettait à frapper la porte, elle était fière de sa meute, des loups pour l'essentiel, toutes unies face à la mort.

Les échos des assauts du bélier se répercutait dans tout l'édifice, du clocher à la crypte. Celle-ci abritait autre fois un saint de l'Église désormais oublié, elle ne contenait plus désormais que un autel de basalte servant aux cérémonies blasphématoire de ce que l'autorité papale considérait comme une secte.

Resla était en première ligne, non loin de son compagnon d'arme Ulric, le seul auroch du groupe et un des dernier de son espèce. Cette armée improvisée n'avait que des morceaux d'armure dépareillés et des armes récupérées ou volées. Les archers finissaient de se mettre en place lorsque la porte vola en éclats.

Une pluie de carreau s'abattit sur les loups, éclaircissant déjà leurs rangs, suivi de la charge des soldats de l'Inquisition. Les archers de Resla parvinrent à en toucher quelques uns avant que les deux groupes ne s'entrechoque et que le chaos ne règne sur le champ de bataille.

La guerrière trouva rapidement un adversaire, un cerf qui tentait de l'embrocher avec son espadon. D'un coup d'épée, elle dévia sa lame, celle-ci glissa le long se l'arme de son ennemi pour finalement venir se planter dans son ventre. Le soldat lâcha son épée et tenta de maintenir ses intestins en place tandis qu'il s’effondrait au sol.

Ulric dansais avec un loup de l'Inquisition, lui maniant la hache et son opposant l'épée courte. Ce dernier n'eût cependant pas l'occasion de danser longtemps, un moment d'hésitation permettant à l'auroch de lui ouvrir le crâne en deux d'un seul coup. Il s'écroula dans un gargouillis confus, le corps secoué de spasmes.

Resla était aux prises avec deux adversaires, elle semblait flotter tandis qu'elle s'approchait de l'un d'eux. Sa lame glissa sur son cou et le lui trancha, déclenchant un geyser sanglant. Il s'écroula, les deux mains sur la gorge en essayant vainement de réduire le flot qui jaillissait de sa blessure béante. La louve faisait désormais face à son deuxième ennemi. Elle était à l'affût, prête à sauter sur la moindre ouverture dans la garde de son adversaire, lorsqu'un renard sauta hors de la mêlée pour planter sa lame en travers de la gorge de la guerrière. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise et du sang commença à couler de sa gueule. Lorsque le renard retira son épée, elle lâcha son arme et tomba à genoux. Un flot de sang jaillissant de son cou tandis qu'elle s'effondrait la tête la première contre la pierre froide.

Ulric rentra alors dans une rage destructrice et poussa un hurlement en chargeant le meurtrier de son amie, tranchant en deux ceux qui tentaient de se mettre en travers de sa route. Une fois à sa hauteur, il donna plusieurs coup de hache vers sa cible qui les esquiva avant de riposter d'un coup entre les côtes. La lame s'enfonça loin dans la chair, perforant les poumons et lacérant les viscères de l'auroch. Celui-ci trancha alors le bras de son assaillant, l'épée encore enfoncée dans le torse, avant de s'effondrer. Sa vision commença à se brouiller tandis qu'il voyait le goupil hurler de douleur à genoux, son bras ne tenant plus que par des lambeaux de chair. Il étouffait. Son sang envahissait ses poumons. Il se noyait. Sa vision s'assombrissait. Il se débattait pour avoir une bouffée d'air. Il perdit connaissance.

Personne parmi les hérétiques ne survécu à cette bataille. Les pertes de l'inquisition étaient ridicules comparée à l’annihilation de cette secte impie.

Le temple fut rapidement oublié de toutes, à l'exception de quelques rares adeptes ayant redécouvert la gloire de Lucifer et lui rendant hommage, à lui ainsi qu'aux louves du crépuscule ayant péri à l'aurore des générations auparavant.

Le 6 Vendémiaire 228.

Scithal

triste

Dans mon intériorité, il s'est retiré.
Après toutes ces années, il s'est éclipsé.
Cherche-t-il sa survie, cherche-t-il son oubli ?
Comment continuer, comment faire sans lui ?
Sa simple existence, n'apporte que souffrance.
Il m'a brisæ, détruite, et laissæ en errance
Tant de fois, et pourtant, il s'est interposé,
S'est battu contre ce monde et m'a protégæ.
Mais de haine, cependant, il est constitué.
Et la nuit, je sens, près de moi, son aura.

Le 26 Thermidor 227.

Lys, éclat de Lilith

mention de sang

Je manque souvent de mots pour l'exprimer,
Je pense rarement à te le montrer,
Mais dans ma vie, tout tourne autour un d'un éclat.
Mon univers ne se maintient que par toi.
Ton amour est la lumière qui m'éclaire,
Il me permet d'avancer dans les ténèbres.
Je t'offrirais mon sang si te le souhaitais,
Car ce feu en moi ne faiblira jamais.

Le 11 Prairial 227.

Ondes et Salut

suicide, mort, sang, cadavre, décomposition

Mon armure craque, se détache et se fracasse,
Contre le sol, elle explose et est anéantie.
Cette immense masse sombre apparait et m'embrasse.
À nu, désemparæ, à présent je subis

Toute la violence et la douleur de cette vie.
Une lancinante mélancolie m'envahit.
Alors je commence moi-même à me fracturer.
J'approche doucement de ma peau ce bout d'acier,
Découpant la chair et courant le long de mon bras,
La lame a accomplit son but avec précision.
Aucune hésitation et aucun remord, voilà,
Le sang jaillit alors que se trouble ma vision.

J'expire tandis que se répands cette onde immonde.
Un long et sourd bourdonnement emplit mon esprit,
Et lentement autour de moi s'évanouit le monde.
Mon répugnant cadavre bientôt sera pourri.
Ma conscience toute entière sera consummée
Par le Néant, elle sera disloquée, dévorée.
Viendra alors mon Salut,
Dormir sans fin et sans but.

Le 8 Germinal 227.

Appelant les Enfers

sang, mort implicite

Surplombant le monde, y invocant les Enfers
Deux âmes errantes appelant Lucifer.
Rejetté de tous, enfermæ sans lumière,
Grâce à toi prendra fin le Règne Délétère.

Car Elle est l'éclat sans lequel je suis aveugle,
Il est l'insurrection, la rancœur, ma force,
Elle est notre père aimant, notre tendre mère.

Dans la nuit, nous nous réfugions dans nos rêves,
Les flammes dévorent l'ensemble de nos doutes,
Duant l'Hiver, l'Étoile du matin s'élève,
Le sang révélant notre nature dolente.

Car Elle est l'éclat sans lequel je suis avengle,
Il est l'insurrection, la rancœur, ma force,
Elle est la désobeissance qui nous lie,
Il est notre tendre mère, notre père aimant.
Et enfin, tous disparaîtrons dans le Néant.

Le 21 Nivôse 227.

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