Avertissement de contenu : homophobie.

« T’es vraiment un con tu sais Damien, déclara Pièr.
— Merci, ça fait toujours plaisir venant de toi.
— Non mais, sérieusement, je te comprends pas sur ce coup là, c’est quoi ton problème ?
— Je… je sais pas écoute, il m’a surpris et j’ai pas su comment réagir, avoua Damien.
— Et ce qui t’es venu naturellement c’est lui gueuler dessus ? Tu sais que tu viens de perdre définitivement ton fils avec tes conneries ? »
Damien resta silencieux, regardant les étoiles assis sur les marches de son porche. Son frère avait raison, lorsque Théo lui avait avoué être bisexuel il aurait du réagir comme sa femme et sa fille et l’accepter et le soutenir, mais les années de bourrage de crâne par ses propres parents l’avaient rendu quelques peu réluctant à ce genre de choses. Maintenant son fils et lui étaient plus en froid qu’il ne pourraient jamais l’être, et il le regrettait profondément.

« Je ne pense pas pouvoir réparer ce que j’ai fais » lâchât il finalement.

Un nouveau silence lourd de sens pesa sur les deux frères, chacun perdu dans leurs pensées.

« Tu savais que mon fils était en fait ma fille ? demanda Pièr.
— Pardon ?
— Elle est trans, elle m’a dit ça il y a quelques jours. J’aurais probablement du le voir venir avec le recul. Mais j’ai encore un peu de mal à m’y faire je t’avoue.
— Attends attends, de quoi tu parles ?
— C’est simple, on pensait que c’était un garçon et on l’a traitée comme telle, mais en fait il se trouve que c’est une fille, expliqua Pièr.
— C’est si compliqué que ça de reconnaître le sexe d’un alien ?
— Ça a rien à voir avec le sexe tête de nœud, c’est une question de genre, de comment tu te sens et de comment les autres te perçoive.
— Ah, d’accord, répondit Damien, incertain d’avoir réellement compris de quoi il s’agissait.
— Elle voulait que ça soit moi qui t’en parles parce que… Tu vois bien pourquoi elle voulait que ça soit moi qui t’en parles.
— Parce que je suis un gros con réactionnaire et intolérant ?
— Elle s’appelle Serafina maintenant au fait, dit Pièr sans faire cas de la réponse de son frère.
— C’est joli.
— C’est ce que je lui ai dit.

Écrit le 16 Fructidor 229.