« Tout de même, c’est bizarre vous ne trouvez pas, lança la femme.
— Pardon, madame ?
— Vous savez bien, ces deux bébés qui viennent de naître chez les Colard.
— Et bien ?
— Et bien ils sont pas naturels, c’est moi qui vous le dit !
— Évidemment qu’ils sont pas naturel, les Colard sont gay, ils ont du adopter voilà tout, s’impatienta Damien.
— Mais non, ils sont nés là-bas, dans la maison. Ce sont des enfants du démon ! Ils sont vert comme la peste et ont les yeux noir comme la nuit !
— Bon, si vous ne comptez pas acheter quoi que ce soit je vous prierais de partir madame. »

Choquée, la femme s’en alla en marmonnant. Qu’est-ce qu’elle pouvait se montrer insupportable cette vielle, pensait Damien. Il savait ce qu’il en était pour sa part, et ce devait être le cas de quelques autres personnes dans le village d’ailleurs. Il était même surpris qu’elle ne fut pas au courant de quoi il retournait, à moins qu’elle ne le sache mais ai décidé de mettre les Colard dans la merde avec leurs voisins, ça n’était pas à exclure avec elle. Tout en étant perdu dans ses pensées, il rangeait et réassortissait les étagères de son épicerie, il avait tellement l’habitude qu’il faisait tout par automatisme maintenant.

Dans tous les cas, il s’agissait de toute évidence de bébés aliens, encore d’autres. Pour une raison inconnue il semblait qu’ils enlevait de plus en plus de monde ces derniers temps, et qu’ils fécondaient les mâles avec leur technologie étrange pour se reproduire. Damien se demandait s’il revenait un jour chercher leur progéniture ou s’il l’abandonnait là, tout simplement. La seconde option serait particulièrement étrange, pourquoi se donner tant de mal si c’est pour ne rien en retirer au final ? Si la première option était vraie cependant, il redoutait le moment où ils viendrait chercher sa nièce, son frère serait dévasté si cela devait arriver.

Le reste de la journée se déroula sans accroc, il en profita pour appeler son frère et parler de ça avec lui. Ce dernier était au courant aussi malgré le fait qu’il ne connaisse pas personnellement le couple en question, les rumeurs se répandent vite dans un petit village comme le leur. Il dit à Damien de ne pas s’inquiéter pour la vielle, qu’elle était de plus en plus aigrie ces temps-ci parce que les gens lui tournaient le dos à force de ne plus pouvoir supporter son caractère et ses ragots acides. Pour sa part, sa fille Serafina se portait bien, personne n’avait été méchant avec elle de part ses différences, pour autant qu’il sache.

« Au fait, tant que je t’ai au téléphone, dit Pièr, t’as essayé d’appelé ton fils ?
— Théo ?
— Oui Théo, que je sache Nicolas vis toujours chez toi.
— Hm, non, hésita Damien, non pas encore…
— Tu devrais, tu sais qu’il s’est marié et a eu un enfant ?
— J’ai entendu ma femme en parler, oui… Bon je, je dois te laisser, il faut que je ferme le magasin. À plus tard.

En raccrochant, il sentit les larmes lui monter aux yeux. Lui qui avait toujours voulu être amis avec tout le monde, il avait perdu son fils depuis maintenant trop longtemps et passait à coté de l’opportunité de vivre heureux avec sa famille à cause de ça. Il attrapa le téléphone, composa le numéro et se figea en entendant la voix de Théo. Il fut incapable de prononcer le moindre mot tandis que son fils répétait « Allo ? ». Au bout de plus d’une minute, Théo abandonna et raccrocha. Damien était toujours tétanisé. Il fondit finalement en larme dans son bureau.

Écrit le 20 Fructidor 229.