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Depuis maintenant près de 5 ans, Alexis est en foyer, un foyer vétuste, peu accueillant, voire carrément dangereux parfois. Avec un personnel au bout du rouleau et épuisé de leur condition de travail. Un endroit rêvé pour vivre et grandir.

Lorsqu’il avait 4 ans, son père est mort d’une attaque cardiaque. Sa mère s’est donc retrouvée avec 6 enfants à nourrir toute seule. Elle travaillait d’arrache-pied jusqu’à tard dans la nuit, à faire des tenues et des robes pour des clients fortunés. Elle arrivait tout juste à leur apporter ce dont ils avaient besoin mais était constamment épuisée, son sommeil la rattrapant souvent à table, où elle s’écroulait dans son assiette. Jusqu’au jour où elle ne se réveilla pas. Alexis avait alors 6 ans, et il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Le lendemain, les services sociaux l’emmenèrent lui et ses adelphes. La plupart d’entre eux partirent dans les familles de leur parrain ou de leur marraine, mais sa marraine à lui ne pouvait se permettre d’avoir un enfant de plus à charge. Il arriva donc dans un orphelinat et se retrouva au milieu de tout ces autres enfants et ses gens qu’il ne connaissait pas. Il n’avait même pas pu garder une photo de ses parents, le règlement du foyer n’autorisant pas les possessions personnelles, tout avait été jeté. Toutes les nuits il pleurait, toutes les nuits il se cachait de la lumière des rondes des surveillants, terrifié par leurs pas dans la nuit.

Au fil des jours et des ans, il oubliait peu à peu son ancienne vie, ses parents, ses adelphes, même son nom de famille. Il était simplement Alexis, et il avait toujours été ici. Jusqu’à ce qu’un jour, une employée des services sociaux revienne le chercher, un couple avait décidé d’adopter et c’était tombé sur lui. Il eu tout juste le temps de dire au revoir à un ou deux amis qu’il avait dans le foyer avant de monter dans la voiture qui l’emmènerait vers sa nouvelle vie. Il était nerveux durant tout le trajet, et la conductrice ne l’aidait pas vraiment. Lorsqu’il lui demandait où il allait elle lui répondait simplement dans sa nouvelle famille, sans plus d’explication.

La voiture roula durant ce qui lui semblait être des heures, très loin de la ville où il avait toujours vécu jusqu’à présent, passant de champs en champs, de petit village en petit village, jusqu’à arriver finalement devant un immense château. Devant, deux femmes l’attendait, une avec les cheveux noir, la peau claire et habillée tout en noir, l’autre avec les cheveux bruns, la peau bronzée et portant un chemisier rose. L’assistante sociale arrêta la voiture et descendit, elle parla un peu aux deux femmes sans qu’il ne puisse entendre ce qu’elles disaient. Elle revint ensuite vers la voiture et ouvrit la porte en lui intimant de sortir. Il était toujours aussi nerveux mais il s’exécuta. Il s’approcha lentement des deux femmes qui le prirent toutes deux dans leurs bras. Pour la première fois depuis 5 ans, il avait un véritable contact humain. Et pour la première fois depuis 5 ans, il se sentait en sécurité et déjà aimé.

Écrit le 25 Fructidor 229.