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Qu’est-ce qu’on obtient quand on mélange l’ADN d’un·e super-héro·ine à celui d’un journaliste ? En l’occurrence, un enfant normal, le coté « super » ne venant pas de l’ADN. Le coté journaliste non plus d’ailleurs. Ça n’empêchait pas Ambre et Charles d’aimer cet enfant de tout leur cœur. En revanche, ça empêchait Charles de continuer à garder le silence sur la dangerosité du travail d’Ambre, cela faisait des années qu’iel était quasiment la seule à défendre la ville. Maintenant que d’autres semblaient être prêt à prendre la relève, il aurait voulu qu’iel leur laisse la place et prenne sa retraite, avant de se faire estropier ou tuer.

« Tu sais très bien que je ne peux pas abandonner. Ce n’est pas parce que deux pélos veulent marcher sur mes traces qu’ils vont y arriver. Surtout avec la pègre qui grandit.
— Mais tu ne changera rien toi-même, elle est trop puissante. Pense à nous un peu, tu n’en as pas fait assez pour la ville ? »

Ambre ne répondit rien. Il avait raison, iel ne pourrait probablement jamais arrêter une organisation entière seul·e. Tant qu’il n’y aurait qu’une simple milice désorganisée ici et pas de véritable forces de l’ordre, l’organisation pullulerait et grandirait. Mais ça n’était pas une raison d’abandonner selon ellui, bien au contraire. Sans iel, il n’y aurait tout simplement plus rien pour arrêter son expansion, et elle régnerait en maître sur la ville. Alors que Charles partait se coucher, Ambre prenait son service. Iel patrouillait de nuit, à la recherche d’indice sur les membres de la pègre locale, et notamment sur sa tête. Bien qu’iel ai toujours des soupçons sur la famille Manchoulas, iel ne pouvait rien prouver pour le moment, et ce malgré de nombreuses nuit de planque devant leur maison. Mais maintenant que les enfants étaient partis, elle pensait tenter une approche plus frontale au problème, et faire irruption directement sur place pour interroger Lissandre, læ suspect·e principal·e d’Ambre.

Alors qu’iel arrivait sur place, iel vit Lissandre quitter la maison et prendre sa voiture. Iel læ prit alors en filature aussi discrètement que possible et læ suivi à travers toute la ville. Iel avait du être repéré, la voiture en était à son troisième tour de la ville. Ambre perdit patience et se mit en travers de son chemin, læ forçant à piler net.

« Non mais ça va pas ? Tu veux te faire écraser ou t’es juste con ?! » hurla Lissandre en descendant de sa voiture. Son teint verdâtre était reconnaissable même de nuit, sa chemise à carreau reflétait étrangement les lumières de la ville. « Qu’est-ce que tu fous au milieu de la route en pleine nuit bordel ?
— J’ai des questions à vous poser.
— Et ça pouvait pas attendre demain matin, non ? Je viens de finir ma journée, j’aimerais rentrer chez moi.
— Vraiment ? répondit Ambre en levant un sourcil.
— Ouais, alors maintenant pousse toi de là avant que je t’écrase !
— Essaye donc pour voir.
— Non mais c’est pas vrai d’être frappé à ce point… Dégage de là ! »

Ambre resta stoïque. Lissandre sentait le sang lui monter à la tête, iel remonta dans sa voiture et tenta de contourner l’intrus, mais iel se mis à nouveau devant la voiture. Cette fois-ci, Lissandre perdit patience et sortit à nouveau de la voiture, prêt·e à en découdre avec les poing si nécessaire. Mais iel n’eut pas le temps de lever la main qu’Ambre l’avait déjà plaquæ au sol, l’empêchant totalement de bouger.

« Écoute moi bien, peau verte, je sais pas ce que tu manigance mais j’ai l’œil sur toi depuis un moment, et il m’est d’avis que t’es pas blanche comme neige dans le bordel qu’il se passe en ville en ce moment.
— Putain mais de quoi de tu parles, tenta d’articuler Lissandre, le visage plaqué contre le bitume.
— Tu sais très bien de quoi je parle ! Alors tu va me dire gentiment qui d’autre est impliqué dans ta petite organisation si tu veux pas perdre un bras ou deux. » En disant ça, iel tordait un peu plus le bras de sa victime.

Ambre aperçut du coin de l’œil une forme indistincte blanchâtre. Sans avoir le temps de réagir, iel reçu un coup puissant en plein visage et tomba à la renverse. Une main puissante se resserra sur son cou, l’empêchant de respirer. Iel entendit une voix grave la menacer :

« Ça serait vraiment dommage de mourir comme ça. Qu’est-ce qu’il pourrait bien arriver à ta famille ensuite ? »

Iel eut tout juste le temps d’apercevoir un visage plus blanc que la neige avant de sombrer dans l’inconscience. En se réveillant, iel vit que plus personne n’était là, iel était sur le trottoir et la nuit était sur le point se s’achever. Iel rentra le plus rapidement possible chez ellui et s’aperçut avec soulagement que rien ne s’était produit. En tout cas cette nuit. Peut-être que Charles avait raison finalement, peut-être que sa famille comptait plus que la masse informe des habitants de la ville. Peut-être qu’iel en avait déjà assez fait pour la ville.

Écrit le 26 Fructidor 229.