« Il se trame quelque chose de pas net avec Sabrina » pensait Amandine. Certes elle a toujours aimé la nuit et les étoiles, elle avait en fait une véritable passion pour l’astronomie et passait des heures à observer le ciel avec ou sans télescope une fois la nuit tombée, mais elle semblait… changée ces derniers temps. Elle passait plus de temps qu’à l’accoutumée à l’extérieur la nuit, elle ne semblait presque plus dormir avant le matin en fait, Amandine entendait des bruits provenant de la chambre de Sabrina toute la nuit. Il fallait batailler le matin pour la tirer de son lit et l’envoyer en cours. Elle qui était d’habitude si studieuse, c’était complètement incompréhensible.

Elle n’osait pas en parler à sa sœur ou à son frère, de peur de démarrer une dispute sans fin sur le fait qu’elle passe son temps à se mêler de ce qui ne la regarde pas. C’était peut-être vrai, mais il n’empêche qu’elle avait de bonne raison de s’en faire. Et elle ne connaissait pas suffisament Estelle pour lui parler de ses peurs. Finalement, elle finit par en parler Mélanie, sa petite-amie, alors qu’elles étaient en pleine partie d’échec, lui jetant tout ce qu’elle avait sur le cœur en quelques minutes sans lui laisser le temps de répondre. Mélanie avait l’habitude maintenant, elle attendit patiemment que sa chérie ai finit de déblatérer avant de lui répondre qu’elle aussi se faisait du soucis pour Sabrina depuis quelques temps. Une réponse à laquelle Amandine ne s’attendait pas du tout, Mélanie lui semblait si détachée vis-à-vis de ce qu’il se passait qu’elle était persuadée que celle-ci n’avait rien remarqué.

« Mais… mais pourquoi tu m’a rien dit ?
— Je ne voulais pas ajouter à ton anxiété générale, Chérie. Tu es déjà assez sur les nerfs sans en rajouter une couche.
— Je suis absolument pas sur les nerfs, je suis très calme » s’indigna Amandine.

Elle n’eut comme réponse qu’un petit gloussement amusé.

« Bon alors on fait quoi ? reprit Amandine.
— Qu’est-ce que tu veux faire ? On va pas lui faire une « intervention » comme dans les films, répondit-elle en appuyant les guillemets avec les doigts. Il faudrait déjà savoir ce qu’il se passe avant de savoir quoi faire.
— Mais comment tu veux savoir ça ?
— Très bonne question. À part en l’espionnant je ne vois pas comment, elle ne dirait probablement rien si on lui demandait. Pire, elle se fermerait sûrement à nous.
— Parce que tu crois que l’espionner la mettra en confiance ?
— Bien sûr que non, c’est bien pour ça que je te dis que je ne sais pas quoi faire. »

C’est alors qu’une voix se fit entendre du fond de la pièce :
« Moi je sais ce qu’elle a. »

Les deux filles se tournèrent vers l’intrus, jusque là inaperçu. C’était Kévin, allongé sur le canapé dans une posture dont il avait le secret.

« Depuis tu nous écoute, petit con ? lança Amandine.
— Depuis que vous m’avez réveillé, vous braillez depuis 10 minutes, répliqua l’incriminé en se levant.
— Tu va où ?
— Dans ton…
— Kévin, coupa-t-elle, soit sérieux s’il te plaît. On se fait vraiment du soucis pour Sabrina, alors si tu sais quelque chose dis nous le.
— Nope. J’ai promis de rien dire, si tu veux savoir va lui demander. »

Amandine commençait à bouillir intérieurement. Elle aimait beaucoup son frère, mais il était vraiment exaspérant en toutes circonstances. Mélanie prit la parole avant que sa compagne n’ai le temps de répliquer :
« Tu pense vraiment qu’elle nous le dira si on lui demande ?
— Y a pas de raison pour qu’elle vous le cache je pense. C’est pas si dramatique que ça, hein. » répondit-il en haussant les épaules avant de sortir de la pièce.

Mélanie et Amandine se regardèrent un moment avant de décider d’aller en parler à Sabrina, le moment venu.

Écrit le 29 Fructidor 229.