Il y a quelques nuits, alors que j’étais sortie regarder les étoiles sur le gazon, j’ai vu un espèce de gros chien au fond de notre jardin, en train de creuser. Je me suis approchée en faisant de grand geste pour le faire partir mais sans succès. Il s’arrêta simplement de creuser et se mit à me regarder fixement. Dans la nuit, j’avais l’impression que ses yeux luisaient d’un jaune pâle, je me persuadais que c’était le reflet de la lune et repris de faire de grand geste pour le faire partir. Toujours pas de succès. Pire, même, il se mis à s’approcher de moi lentement, sortant doucement ses dents de sous ses babines. Je me mis à reculer doucement, jetant un œil sur la maison, je vis qu’elle était trop loin pour que je puisse courir me réfugier à l’intérieur. Tout à coup le loup se jeta sur moi sans que j’ai le temps de réagir, me mordant la jambe gauche et déchirant ma chair, avant de repartir précipitamment lorsque je réussis à enfoncer mon pied gauche dans son torse, brisant quelque côtes au passage.

Je boitais pour rentrer dans la sécurité de la maison mais je m’effondrais avant d’atteindre la porte et perdais connaissance. Au petit matin, je me retrouvais de l’autre coté du campus, épuisée mais sans douleur. En regardant à travers les trou de mon pantalon, je ne vis aucune blessure, juste du sang séché sur un jean bon à jeter. Je n’avais plus de douleur non plus, et je pu rentrer à la maison sans difficulté. Personne n’était encore levé et j’en profitais pour rapidement filer dans ma chambre me changer et chercher à comprendre ce qu’il se passait. Mais la réponse m’échappa toute la journée. Le soir, une heure après le coucher du soleil, je ressenti une douleur dans la poitrine, j’avais l’impression que j’allais me déchirer de l’intérieur. Lors qu’elle cessa, je me rendit compte que j’étais couverte de poil. En me ruant sur le miroir le plus proche, je vis que mon visage en était couvert également, que mes yeux avait changés de couleur et de forme, que j’avais des crocs à la place des dents. Je refusais de croire ce que je voyais. Mais finalement la chose se répéta soir après soir, avec cette transformation venait une faim dévorante, presque insatiable. Je finis par me rendre à l’évidence.

« Je suis un loup-garou. »

Mélanie et Amandine regardait Sabrina, abasourdies par son récit.

« Pourquoi tu nous rien dit ? articula finalement Amandine.
— Pour ne pas t’inquiéter, je te connais tu sais.
— Mais enfin, pourquoi tout le monde me dis ça en ce moment ? »
Sabrina rit. « Parce que c’est vrai, et tu le sais. D’autant qu’il n’y pas de raison de s’en faire, je me maîtrise et je n’ai pas séquelles.
— Oui mais il faut que tu nous dise quand un truc pareil se produit, d’accord ? Ta sœur va finir par mourir d’angoisse si elle pense que tu lui cache des trucs pareil tu sais, dit Mélanie.
— Haha, très bien, c’est promis. »

Écrit le 30 Fructidor 229.