Alaìs Pujol en était à sa deuxième année, à la fin de sa deuxième année pour être plus précis. Elle en était aussi à son 6 ou 7ème amant, c’était dur de se souvenir sans son carnet, son objectif étant de 20, mais pas nécessairement en même temps. La plupart vivaient avec elle dans la résidence étudiante, tout ce passait relativement bien dans cette espèce de mini-communauté caractéristique d’une résidence étudiante. Elle avait également d’excellente note et ses professeurs l’appréciait beaucoup pour son sérieux et son implication en classe.

Néanmoins, depuis quelques temps elle avait envie de changer d’environnement. Les résidences universitaires sont des mini-communautés qui peuvent être très sympathiques, mais en tant que communautés dans la Communauté, elles sont assez hermétiques et peu de nouveaux visages se présente une fois les chambres attribuées. Et voir de nouveaux visages, c’est pile ce dont avait besoin Alaìs. Elle demanda donc à rejoindre le Manoir, l’association phare du campus. Elle connaissait déjà quelques membres là-bas, notamment Amandine Leroux qu’elle avait côtoyé à l’école primaire. Après quelques rencontres, les différents membres du Manoir acceptèrent son intégration et elle commença son emménagement là-bas.

Quelques jours après son arrivée, quelque chose la frappa. Pas littéralement cela dit. Elle était au courant que Amandine Leroux et Mélanie Lenoir s’étaient fiancée dans l’année, l’information avait fait trois fois le tour du campus. Ce qu’elle ignorait en revanche c’est que, si les fiançailles ne concernaient que ses deux là, l’amour lui concernait également au moins deux autres personnes du Manoir : Estelle Manchoulas, une célébrité locale, et Catalina Bernard, une inconnue locale. De façons assez étrange pour Alaìs, toutes les quatre semblaient vivre le fait sans problème. Évidemment il y avait des disputes de temps à autre, comme dans toutes relations, mais pas plus que ce qu’elle avait l’habitude de voir dans les couples monogames qu’elle connaissait. Elle qui était libertine, comme elle se définissait, elle n’avait jamais pensé qu’une relation à long terme puisse fonctionner à plus de deux personnes. En réalité et pour être tout à fait honnête, elle ne pensait pas qu’une relation à long terme puisse fonctionner tout court, ses parents en étant un parfait exemple. Cela changea totalement sa façon d’envisager ses relations amoureuse. Ou plutôt ça aurait pu, mais en fait non, elle était bien plus à l’aise en restant libre comme elle l’avais toujours fait. Mais au moins elle comprenait un peu mieux les autres, et elle se disait que, peut-être, après tout, il y avait de la place pour des relations longues et saines dans ce monde.

 

Néanmoins, tout cela laissait sur le carreau un certain Hugues Delambre, qui était toujours dans l’ancienne résidence d’Alaìs. Lui n’avait jamais envisagé sa relation avec Alaìs comme elle. Pour lui, elle était sienne et réciproquement, et ce malgré les nombreux rappels de cette dernière lors de ses crises de jalousies puériles. Il avait finit par tolérer le fait qu’elle couche avec d’autres seulement parce qu’il était persuadé d’être plus à ses yeux, d’être spécial, qu’un jour elle se rangerait et que ça serait à ses cotés. Malheureusement, ses espoirs partirent en éclat le jour où il vit qu’elle était partie, sans lui proposer de venir ou lui dire au revoir.

Mais elle verrait, elle reviendrait, se disait-il.

Elle verrait.

Écrit le 2 Sans-culottide 229.